Communication des associations et syndicats d’artistes

Vincent-Victor Jouffe, membre la Fédération des Réseaux et Associations d’Artistes Plasticiens (FRAAP), rappelle l’intitulé du Congrès interprofessionnel de l’art contemporain de Nantes en 2002 : « changer les conditions de l’art en France » et l’une des suggestions qui s’était dégagée : la constitution d’un observatoire permanent. « Quelle continuité ? », interroge-t-il ; aucun observatoire interprofessionnel incluant les artistes n’a vu le jour, et seule la Fédération des Réseaux et Associations des Artistes Plasticiens, fédération d’associations au plus près du terrain, en région, et qui de manière informelle développent des échanges européens, a tenté de saisir le relais. Les rencontres de la Villette en septembre 2003 ont repris la promesse non tenue avec des moments très forts – et une parole qui était au moins libre même si « l’absence cruelle des conseillers aux arts plastiques », principaux interlocuteurs des artistes en région a alors été vécu comme une « esquive ».

Vincent-Victor Jouffe s’interroge encore : « Le congrès est-il la forme adéquate ? », après avoir remarqué que la salle cette année n’avait pas la parole.

Guillaume Lanneau, secrétaire général du syndicat national des artistes plasticiens CGT (SNAPcgt), souligne que les conditions socio-économiques faites aux acteurs, et notamment aux artistes, reste le problème central pour l’analyse de la mobilité des personnes et des œuvres en Europe. Six pays ont adopté un régime social spécial pour les plasticiens : l’Allemagne, la Finlande, la France, la Hollande, la Suède, la Slovénie – et presque aucun n’applique le droit de présentation publique des œuvres qui certes pose des problèmes, mais apporterait quelques solutions. De même, rappelle-t-il, les artistes ne bénéficient pas au droit à la formation professionnelle. Le Cipac ne pourrait-il devenir le lieu de discussion de l’ensemble des professionnels, et d’une manière différente de celle qui est appliquée aujourd’hui ? Des organisations de diffuseurs, d’intermédiaires, de restaurateurs y ont leur place, mais les artistes et leurs organisations professionnelles n’y sont pas réellement intégrés, et surtout pas dans les tables rondes.

Guillaume Lanneau souligne également que l’évolution du CNAP, qui satisfaisait tant le ministre dans son allocution, lui semblait plutôt une régression dans la mesure où les organisations d’artistes ne siégeaient plus au conseil d’administration. Il insiste encore sur le fait qu’il ne s’agit en aucune façon d’une revendication corporatiste, mais d’une défense de la culture vivante et de son avenir.

Bernard Morot-Gaudry, Secrétaire Général du Syndicat National des Sculpteurs et Plasticiens,

rappelle que le syndicat n’est affilié à aucun choix politique et regroupe de nombreux artistes réellement engagés et dont le savoir-faire vaste et complet se nourrit éventuellement en marge des institutions. Il remercie les organisateurs du Cipac de l’avoir invité pour la première fois, et demande à rejoindre les quinze associations constitutives. Il suggère qu’une réelle solidarité entre les différentes professions de l’art serait positive pour tous. Différentes professions, mais aussi différentes nationalités puisque le Syndicat a modifié ses statuts pour accueillir des adhérents étrangers.

Il regrette le dirigisme de l’Etat français et appelle une harmonisation européenne qui rendrait caduc ce conservatisme. Il demande que les structures syndicales des artistes soient mêlées aux prises de décisions.

Daniel Proia, Membre de la coordination des intermittents de Lorraine,

remercie le Cipac de lui donner la parole et revient avec amertume sur la communication du ministre lue le matin même. Il considère que les intermittents sont traités comme « des êtres humains en trop », des « surnuméraires ». Il remet en cause la rationalité économique comme politique de vie. « L’inutile, c’est la vie, l’art, l’amitié », déclare-t-il.

Daniel Proia affirme qu’il ne s’agit pas de revendication sectorielle, mais de la lutte solidaire contre un modèle de société discipliné par la finance. Il exige que le protocole signé entre le MEDEF et des syndicats non représentatifs ne soit pas agréé par le ministre.

Mireille Lépine, Secrétaire générale adjointe du Syndicat National des Artistes et Auteurs FO, rappelle la nécessité du rayonnement de l’art contemporain, non seulement en Europe mais dans ses marges. Plutôt que l’ « économistique », il faut favoriser une vision de la société recentrée sur la personne, le citoyen, l’artiste.

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