Centres culturels étrangers : des politiques venues d’ailleurs

Centres culturels étrangers :

Des politiques venues d’ailleurs, entre diplomatie et action de terrain

 

Modération : Christophe Domino, critique d’art, Président de Aica France

  • Thomas Michelon, Chargé de mission au Bureau Europe, DGCID, Ministère des affaires étrangères
  • Katrin Saadé-Meyenberger, Administratrice, Centre culturel suisse, Paris
  • Rudi Webster, Directrice de l’Institut néerlandais, Paris

 

Les quatre interlocuteurs invités par Christophe Domino pour témoigner du fonctionnement des centres culturels étrangers en France et des centres culturels français à l’étranger pourraient illustrer trois modèles de fonctionnement de ces institutions qui invitent à penser leur avenir. Ces modèles se définissent entre autre par leur dépendance aux politiques intérieures des pays d’origine. On constate en effet que cette dépendance détermine les libertés et les moyens dont ils disposent.

Rudi Wester, directrice de l’Institut néerlandais à Paris, témoigne de l’activité dynamique d’une institution qui fête ses 50 ans. Elle bénéficie d’un budget fort garanti par une économie néerlandaise en bonne santé et doit sa grande liberté de choix dans la programmation à son statut indépendant d’association à but non lucratif. 
Katrin Saadé-Meyenberger, administratrice du centre culturel suisse à Paris, et Catherine Bédard, directrice du centre culturel canadien à Paris, témoignent d’un autre cas, où l’institution est sous tutelle de l’Etat. Le centre culturel canadien est un satellite du Ministère des affaires étrangères, tandis que le centre culturel suisse dépend de l’Office Fédéral de la culture et du programme Pro Helvetia. Cette dépendance financière et administrative conditionne leurs activités et leur devenir que mettent aujourd’hui en danger les situations politiques respectives des deux pays.

Dans le cadre d’une réflexion sur la modernisation des centres culturels à l’étranger, et pour répondre aux nouvelles exigences du contexte géographique de la mondialisation, le Ministère des affaires étrangères français propose une nouvelle formule qu’a expérimenté Thomas Michelon à Berlin. Elle se présente comme un « bureau de contact, conseil, expertise et diffusion », composé d’une équipe réduite en vue d’une plus grande souplesse administrative et de favoriser la mobilité. Cette interface se concentre sur l’enjeu très contemporain de la « mise en réseau » des acteurs culturels pour favoriser les échanges. Ce modèle d’une bureaucratie épurée voire d’une virtualisation de l’institution(T. Michelon évoque le remplacement des cours de langue par un site Internet) tendra-t-il à remplacer l’architecture du centre culturel étranger ?

Le rôle diplomatique du centre culturel à l’étranger, qui appuie une présence culturelle mais aussi politique dans le pays où elle s’implante (la discussion ne commente pas ces localisations, qui se concentrent historiquement à Paris, mais témoigne aussi d’une attention envers les puissances économiques émergeantes), utilise à ses fins l’évènement.
Par de grandes manifestations, il permet d’asseoir une visibilité comme l’affirme Rudi Wester dans le rôle assumé de « promoteur de l’art ».
Mais les interlocuteurs s’entendent également sur le fait que l’évènement est un moment de rencontre qui inaugure ou renforce les liens que s’applique à tisser leur travail de long terme.

 

Synthèse : Julie PORTIER et Mélanie PROPECK 

Jeudi : jeudi 29 novembre 2007
Horaire :17h-19h
Site : SUBSISTANCES / ENBA
Salle 1 : Le Hangar

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