La formation professionnelle : un droit pour tous ?

Chantier professionnel II

 

  • Christian Dessane, Secrétaire général du SNSP
  • Victoire Dubruel, Présidente du Cipac
  • Catherine Elkar (Directrice du Frac Bretagne)
  • Katerine Louineau, CAAP, Comité des Artistes Auteurs Plasticiens, déléguée par la FRAAP
  • Bernard Morot–Gaudry, Délégué Général du SNSP
  • Franck Othmane, délégué par la FRAAP
  • Irène Rusziewski, Artiste, Co-secrétaire générale du SNAP-CGT, Membre du conseil d’administration de l’organisme Maison des Artistes

 

Plateforme d’échanges et de discussion entre les professionnels de l’art contemporain, le Cipac propose de traiter ici la question de la formation professionnelle –un problème majeur et une demande récurrente soulevés lors de précédentes rencontres– en tentant d’apporter quelques amorces de solutions.

Franck Othmane nous apprend qu’en 2003, la FRAAP a établi un sondage auprès de 1500 artistes contre 350 habituellement pour ce genre d’enquête. Il en ressort que plus de 80% sont demandeurs de formations professionnelles axées principalement sur la création et sur la constitution de dossier de demande de subvention. Avec la précision que 57% d’entres-eux sont prêts à financer une partie de ces formations.
L’inexistence du droit à la formation professionnelle pour les auteurs des arts visuels (seule catégorie professionnelle à être dans ce cas) résulterait d’une inexistence de l’offre de formation mais aussi de l’absence de dispositif de prise en charge de celles-ci.

Aussi il y a trois ans, dans l’horizon d’une professionnalisation, le Cipac a tenté de remédier à cette situation en mettant en place un ensemble de formations conçu en regard de la demande, il convient de rappeler que jusque làn’étaient proposées que des formations en rapport étroit avec le domaine des arts du spectacle. Cette innovation répond donc à trois types de demandes essentiellement : le savoir-faire et la technicité, l’initiation aux droits d’auteurs et la relation au système économique. Les demandeurs sont aussi bien des collectivités que des indépendants. Après avoir porté ce projet de formations, Victoire Dubruel nous informe que le Cipac a prévu de se dissocier de celui-ci en la relayant à une structure distincte.

En plus de ce dispositif, quelques propositions de solutions ont été émises lors de cette table-ronde. Ainsi, une solution serait, selon Bernard Morot-Gaudry, d’utiliser les plateaux techniques des écoles d’art publiques comme des espaces d’accueil pour les demandeurs de formations durant les périodes creuses que sont les vacances scolaires d’été. Mais ce ne pourrait constituer qu’une offre de formation de courte durée puisqu’elle serait dépendante des disponibilités des écoles d’art d’autant plus que le matériel technique qui s’y trouve n’est pas toujours opérationnel.
Par ailleurs, la FRAAP a émis l’idée que ces artistes-auteurs puissent prendre en main eux-mêmes ces formations puisque certains d’entres-eux possèdent déjà un savoir technique qu’ils pourraient transmettre aux autres, de même qu’ils sont les mieux placés pour connaître les besoins émergents.
Selon, Irène Rusziewski, une autre proposition serait celle d’une cotisation qui proviendrait aussi bien des artistes-auteurs que des diffuseurs ; idée soutenue par Katherine Louineau. Ainsi, pour englober droit à la protection sociale et à la formation professionnelle, une cotisation de 48 euros par an et par adhérent suffirait à constituer le fonds de cotisation minimum qui s’élèverait à 3 millions d’euros.
En ce qui concerne la prise en charge financière par un organisme tiers (de type Région), il apparaît que tant qu’un projet concret avec une offre de formation adéquate ne sera pas proposé, aucune subvention ne sera débloquée.

Un dialogue est donc nécessaire entre les diffuseurs, les Ministères du travail et de la culture et les représentants des artiste-auteurs afin d’identifier les besoins de chacun et de mettre en place des cadres juridiques précis concernant les conventions collectives des professions artistiques. C’est tout un chantier de travail qui s’annonce là où tous les acteurs sont requis.
Toutefois, un travail de communication et d’information plus large reste à faire pour une inscription croissante à ces formations, sachant que chaque salarié a droit en théorie à vingt heures de formation par année, ce qui constitue une dynamique potentielle pour les organismes de formations continues.

 

Synthèse : Sylvie Charleroy

 

Jour : vendredi 30 novembre 2007
Horaire : 10h-12h30
Site : SUBSISTANCES / ENBA
Salle 1 : Le Hangar

 

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