La restauration spectacle

Modération : Alain Snyers, coordinateur pédagogique aux Grands Ateliers de l’Isle-d’Abeau

 

Introduction : Pierre Leveau, philosophe

 

  • David Aguilella Cueco, Conservation-restauration de peintures et d’œuvres contemporaines, Vice-Président de la FFCR
  • Anita Durand, Conservateur Restaurateur
  • Hervé Percebois, Conservateur chargé des collections au Musée d’art contemporain de Lyon
  • Colette Vicat Blanc, Conservateur Restaurateur

 

Dans cette table ronde, il est question de la conservation/restauration dans le contexte de l’art contemporain. Il s’agit d’étudier le statut des restaurateurs dans la grande chaîne de la création artistique. Il est question d’un travail de conservation et de restauration et non pas de transformation. Il ne faut pas perdre les caractères de l’oeuvre qui ont pu exister. Le restaurateur agit sur les caractères passés sans les transformer, c’est une tentative de retransmission la plus proche de l’oeuvre. Mais en soi, toute intervention est déjà un événement.
Ainsi que les membres de la table ronde l’ont signalé, dans une ère médiatique et de consommation de masse, l’acte de restaurer est de fait médiatisé. Alors que le titre de conservateur/restaurateur a du mal être reconnu, cette médiatisation est pour eux un signe de reconnaissance au risque de devenir une « restauration spectacle ». 
À partir de la question de l’événement, que devient le rôle du conservateur et du restaurateur dans le champ de l’art contemporain ? Par exemple, le Happening, oeuvre éphémère, ne peut être reproduit, c’est un événement. Or, face à ce genre d’oeuvres, le conservateur/restaurateur peut sembler démuni. Les Happenings ne seraient-ils pas un danger pour la profession ? Les conservateurs doivent-ils s’adapter à ces nouveaux objets culturels ? Ont-ils une formation pour aborder ce genre d’oeuvre ? Pour remplacer un néon d’une oeuvre de claude Lévêque, à qui fera-t-on appel ? Un restaurateur ? Un technicien ?

Cependant, la question de la conservation d’une oeuvre dite immatérielle persiste. Il semble que ce soit une idée, un concept qui soit à conserver. Si le concept devient un matériau, le métier de conservateur doit évoluer. On a tendance à penser que les oeuvres qui viennent d’être créées n’ont pas besoin d’être restaurées, or ce n’est pas le cas. Les transports, les manipulations fragilisent les oeuvres. La destruction et la détérioration des oeuvres profitent aux restaurateurs. Selon un des membres de la table ronde, ils apparaissent comme les « vampires de l’art » en se nourrissant de la destruction des oeuvres.

Mais le conservateur et le restaurateur doivent-ils être les seuls à agir sur une oeuvre qui se détériore ? Du point de vue de l’artiste, on peut se demander si le fait d’être le premier maillon de la chaîne ne légitimerait pas le droit de restaurer l’oeuvre lui-même ? Mais l’artiste n’a pas accès à toutes les techniques et au savoir détenu par le restaurateur, ce qui induit (quand cela est possible) un nécessaire dialogue en ce qui concerne les matériaux utilisés, les techniques, l’accrochage … Le conservateur/restaurateur n’en garde pas moins l’entière responsabilité du respect de l’authenticité des oeuvres.
Reste à savoir s’il faut conserver l’oeuvre ou la laisser se détruire petit à petit comme l’aurait peut-être voulu l’artiste ?

 

Synthèse : Mélanie PROPECK

 

Jour : vendredi 30 novembre 2007
Horaire : 10h-12h30
Site : MUSEE DES BEAUX ARTS
Salle 4 : L’Auditorium

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