Le marché de l’art contemporain : l’œuvre, objet de collection ou de spéculation ?

Collectionner aujourd’hui : la pression de l’événement I

 

Modération : Noëlle Chabert, conservateur en chef du patrimoine

 

  • Patricia Falguières, Enseignant chercheur, Professeur agrégé EHESS
  • Caroline Smulders , Consultante chez Christie’s
  • Harry Bellet, journaliste 
  • Richard Rodriguez, collectionneur
  • Mona Thomas, écrivain

 

Cette première table ronde consacrée au marché de l’art contemporain, sous la pression de l’événement, s’est vite centrée autour de la figure du collectionneur et a permis de retracer ce que fût l’histoire du collectionnisme en Europe occidentale (Patricia Falguières). Partant souvent du récit de sa propre expérience, qu’elle soit privée ou institutionnelle, les différents intervenants ont expliqué les raisons qu’ils avaient de porter un regard plus ou moins optimiste, voire franchement inquiet sur la situation actuelle du marché de l’art .

Aujourd’hui, avec la flambée des prix, la figure de collectionneurs puissants et riches se dégage, posant ainsi la question du rôle que ceux-ci ont à jouer au sein de la création. Certains y voient un moteur important pour l’art du pays et notent l’effet « locomotive » vis-à -vis de nouveaux collectionneurs ; tandis que d’autres jugent qu’on assiste, au regard des politiques d’achats menées, à une « dictature » du goût, trop influencée par le marché. Certains encore craignent que l’emprise financière des grands collectionneurs puisse désormais être un frein à des formes de « collectionnisme » plus modeste. Aussi, alors que les artistes français actuels manquent de reconnaissance internationale, la responsabilité de certains collectionneurs – et plus spécifiquement celle de François Pinault – est abordée. L’exemple de Saatchi et de son impact sur la scène artistique anglaise est également évoqué.

Dans un tel contexte, le positionnement adopté par les musées se révèle délicat : n’ayant plus la capacité financière de rivaliser avec ces figures puissantes, ces institutions se doivent de porter leur intérêt sur des œuvres moins cotées et de dénicher, par un travail critique et analytique plus approfondi, les œuvres importantes de demain. Des cas précis servent d’exemple pour illustrer l’engagement actuel de nombreux collectionneurs auprès des institutions publiques.
Si le thème de « l’évènement » fut finalement peu abordé de façon directe , on peut néanmoins se demander si le marché de l’art ne serait pas devenu une forme d’évènement permanent en soi ou, tout le moins, une sorte de mise en spectacle de l’œuvre d’art influencée par les données économiques dans le contexte de la mondialisation. 

 

Synthèse : Franck Balland

 

Jour : jeudi 29 novembre 2007
Horaire : 10h-12h30
Site : SUBSISTANCES / ENBA
Salle 2 : La Boulangerie

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