Pour l’art, un soutien privé entre projet économique et projet social

 

Modération : Bernard Zürcher, Galeriste, Historien de l’art, Vice-Président du Cipac, membre du Comité professionnel des galeries d’art

 

Introduction : Karine Lisbonne, HEC, London School of Economics, spécialistes des relations culturelles européennes

 

  • Colette Barbier, Directrice de la Fondation d’entreprise Ricard 
  • Grégory Jérome, Castel Coucou, OGACA, délégué par la FRAAP
  • Raphaële Jeune, Directrice artistique, Les Ateliers de Rennes, Biennale d’art contemporain
  • Anastassia Makridou-Bretonneau, Directrice d’Eternal Network, Médiatrice déléguée du programme Nouveaux Commanditaires de la Fondation de France
  • Christian Mayeur, Directeur d’Entrepart

 

Après la refonte de la loi sur le mécénat, cette table-ronde se propose d’examiner à travers quelques exemples d’entreprises françaises privées l’évolution de la collaboration entre artistes et société.

Bernard Zürcher tient d’abord à souligner la place particulière de la France qui apparaît en retard au niveau européen dans ses rapports au mécénat d’entreprise. D’où l’importance de la prise de conscience de cet isolement et de la nécessité d’un travail de terrain.
Repenser les rapports entreprises-art entraîne un nouveau mode relationnel.

A travers des exemples en Italie, en Allemagne et en Suisse, Karine Lisbonne souligne que l’intérêt n’est pas toujours financier mais que ces stratégies dynamiques sont souvent pensées comme un prolongement des valeurs de l’entreprise, et s’inscrivent dans une démarche de responsabilité citoyenne. Elles deviennent modèle à imiter pour ces entreprises françaises courageuses qui se lancent dans l’aventure et qui investissent dans l’art.

L’essentiel du temps a été consacré à exposer quatre exemples de soutien privé : la Fondation de France soutient précisément ces entreprises et, à travers son programme intitulé « Les Nouveaux Commanditaires » introduit une nouvelle politique culturelle privée en France.
Colette Barbier pour sa part, développe à la Fondation Ricard un projet de mise en valeur du travail de jeunes artistes. Se proposant comme un lieu d’émergence de la jeune création contemporaine, elle décerne un prix chaque année. Celui-ci consiste en l’achat d’une œuvre au lauréat, qui est ensuite offerte au Centre Pompidou.
Raphaëlle Jeune, elle, propose ses « Valeurs Croisées » sous forme d’une biennale financée par une holding et qui sont le fruit d’une rencontre tripartite entre l’artiste, le salarié et la direction de l’entreprise. Ce travail met en relief la conciliation nécessaire entre l’artiste et l’entreprise, un partenariat où cette dernière attend une sorte de retour sur investissement en termes d’image.
Christian Mayeur met en avant une vision très haute des valeurs d’éducation à l’art contemporain dans l’entreprise et en attend un résultat concret. En effet, il considère cet investissement comme un terrain de réflexion voire comme une « mission d’utilité publique ».

Il reste un peu de temps à Grégory Jérôme pour tenter de répondre à la question de savoir comment le mécénat peut contrebalancer la diminution des subventions de l’Etat en direction de ces associations qui soutiennent les artistes après leur sortie des écoles d’art, associations se trouvant aujourd’hui dans de grandes difficultés financières. Il nous informe sur d’autres formes de mécénat, notamment les clubs d’entreprises qui soutiennent localement des structures par un engagement matériel non monétaire. Récemment a été mis en place le programme « Ambition Mécénat » porté par l’Ordre des Experts-comptables concernant la promotion du mécénat : au niveau local, un représentant rencontre les chefs d’entreprise afin de les sensibiliser à l’art contemporain et de les accompagner dans leur pratique de mécénat.

A côté d’entreprises déjà engagées sur le terrain du mécénat depuis un certain temps, se dessinent de nouvelles dynamiques à travers des projets innovants. Ces forces vives s’incarnent dans des nouveaux partenariats
redéfinissant le contrat artistique entre les artistes et la société. Une manière parmi d’autres de déboucher sur une participation collective à l’art qui ne se résume plus seulement à des enjeux économiques mais à un véritable projet social où chacun peut apporter sa contribution.

 

Synthèse : Sylvie Charleroy et Maryse Maret

 

Jour : jeudi 29 novembre 2007
Horaire : 17h-19h
Site : SUBSISTANCES / ENBA
Salle 2 : La Boulangerie

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