Quels supports pour la critique ?

Avec ou contre l’événement I

 

Modérateur : Christophe Domino

 

  • Patrice Joly Revue 02
  • Christophe Kantcheff Politis
  • Philippe Regnier Le Journal des arts
  • Guillaume Dessange Trouble
  • Frédéric Wecker Art 21

 

A l’issue du débat la question initiale pourrait être retournée. On semble en effet constater que le support est déterminant dans la nature critique (au sens noble, c’est-à-dire dans son opposition mise en scène ici avec le journalisme, ou l’information, même si en conclusion de la table ronde, se pose encore la question de « définir ce qu’est la Critique » comme le souligne Patrice Joly). Sur ce point l’on pourrait confronter le fonctionnement des journaux gratuits avec les journaux payants dont - et cette donnée essentielle n’est pas abordée dans la table ronde - l’acte d’achat par le lecteur signe un engagement intellectuel qui configure la possibilité d’un débat (les interventions confirment que la presse payante reçoit d’avantage de courriers de ces lecteurs). Aussi, la question d’une liberté du contenu semble se poser plus difficilement dans une presse pour laquelle la publicité couvre presque 100% des recettes (02 ne reçoit plus d’aide publique cette année).

A ce sujet, tandis que Patrice Joly favorise un contenu publicitaire « captif » pour informer les lecteurs sur les activités du monde de l’art, Frédéric Wecker sollicite des annonceurs hors du champ de l’art de sorte que les choix du sommaire n’en sont pas influencés. Toujours du point de vue économique, on pourrait aussi prendre en compte les conditions de rémunération des rédacteurs qui peuvent influencer un traitement superficiel de l’information quand elle est traitée par des « pigistes » aux fins de mois difficiles.

Car le non-dit de ce débat serait bien l’opposition d’une « critique critique » (F. Wecker) à une critique qui cède à la forme journalistique. Guillaume Dessange, à titre de critique indépendant, rappelle à juste titre que « ces » critiques sont, de fait, les mêmes auteurs, qui signent des textes sur les différents supports. Alors, qu’est-ce qui détermine la critique critiquante ? Certains parlent de méthodes, d’autres de temps ou d’espace (de nombre de signes). Dans cette tentative de définition de la démarche critique, chacun cède à l’aveu suivant : à l’intérieur du journal ou même du texte, il y a tantôt de la critique, tantôt du journalisme.

Une idée absente de ce débat serait celle d’imaginer une presse dont l’objectif critique s’affranchirait de la nécessité de l’actualité - ou de la pression de l’évènement - qui oblige au temps court journalistique. C’est pourtant ce que se permettent les gratuits régionaux comme 02 ou Offshore qui consacrent de longs articles à des expositions passées. Cette dernière opposition d’une presse centrale et d’une presse locale aurait d’ailleurs pu nourrir le débat quand se pose par exemple dans le public la question du choix du sujet comme premier geste critique. En effet, la connaissance fine du réseau artistique que permet l’implantation des régionaux sur le terrain et leur fonctionnement associatif pourrait privilégier la « découverte » de travaux encore dans l’ombre… Enfin, le grand absent du débat (par la défection d’André Rouillé) est peut-être la « presse » en ligne, qui aurait pu alimenter un débat qui s’est finalement articulé autour des conditions matérielles de la critique.

 

Synthèse : Aurélien BAYON & Julie PORTIER

 

Jour : jeudi 29 novembre 2007
Horaire :10h-12h30
Site : MUSEE DES BEAUX ARTS
Salle 5 : L’Auditorium

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