Présentation et programme

Tours, 30 et 31 octobre 1996


Le premier congrès interprofessionnel de l’art contemporain a réuni à Tours les 30 et 31 octobre l’ensemble des organisations professionnelles représentatives du secteur. Cette rencontre inédite a permis de mettre à jour les préoccupations des divers acteurs de l’art contemporain chargés de l’achat ou de la diffusion des œuvres, de leur conservation ou encore des enseignements artistiques ainsi que de tout projet à caractère éditorial. Le congrès a révélé la volonté du milieu professionnel de mieux se structurer et d’affirmer son identité face au défi que doit relever aujourd’hui l’art contemporain. Les contradictions internes à ce milieu, qui tiennent au positionnement des divers acteurs (artistes, institutions publiques, marché) n’ont pas empêché que s’instaure un dialogue fructueux et porteur d’un rapprochement sur certains points entre le secteur privée et le secteur public. Durant deux jours les professionnels se sont rencontrés à l’intérieur de groupes de travail propres aux différents métiers représentés ainsi qu ‘en commissions mixtes thématiques. Les débats ont fait apparaître sept axes transversaux et fédérateurs :

  • Les artistes
  • Les oeuvres
  • Les institutions publiques
  • Les métiers
  • Le public
  • L’international

 

Le rôle de l’Etat et son rapport aux collectivités territoriales a été au cœur des réflexions des congressistes.

Les artistes

  • Concernant les artistes, plusieurs impératifs ont été affirmés
  • Souligner la prépondérance de la formation, celles qu’assurent particulièrement les écoles d’art, lieux de médiation idéale avec la création contemporaine.
  • Nécessité de respecter les règles du jeu entre artistes et galeries.
  • Assurer la réalité de la diversité artistique
  • Favoriser par des procédures spécifiques l’insertion professionnelles des jeunes artistes.
  • Faciliter la présence des artistes français à l’étranger
  • Respecter la propriété intellectuelle de l’artiste en tant qu’auteur en prenant mieux compte l’urgence d’une harmonisation de la législation européenne en la matière.

 Les œuvres

Il s’agit ici de protéger et de promouvoir les œuvres dans les meilleurs conditions éthiques, professionnelles et économiques de la façon suivante :

  • Mieux assurer la transparence des achats publics
  • Prendre en compte le déséquilibre d’implantation des galeries d’art sur le territoire national et imaginer un système de soutien au développement de galeries dans les régions les plus défavorisées.
  • Assurer les crédits pour la conservation et la restauration des œuvres d’art contemporaines, patrimoine de demain.
  • Desserrer le « carcan » fiscale en appliquant une TVA plus favorable et alléger le « droit de suite ».
  • Développer un système de collecte d’information et de documentation sur les œuvres contemporaines adaptées à leur spécificité.

 Les institutions publiques

Il s’agit avant tout d’affirmer et de reconnaître la diversité des institutions impliquées dans l’art contemporain en améliorant l’adaptation de leurs cadres juridico-administratifs à leurs missions. Cela devrait conduire à

  • Favoriser le rapprochement entre les institutions publiques elles mêmes (FRAC, musées, écoles d’art, centres d’art contemporain, etc.)
  • Travailler sur les statuts des équipements en fonction de leurs missions et non d’a priori juridiques ou gestionnaires.
  • Améliorer les statuts des personnels, garantissant leur situation mais aussi la possibilité d’une mobilité professionnelles.
  • Rationaliser les rapports des équipement d’art contemporain avec les collectivités publiques et particulièrement les collectivités territoriales : l’établissement public territorial à vocation culturelle est un mode de gestion attendu en vue de dynamiser les institution actuellement gérées en régie directe et propre une alternative éventuelle au système associatif (loi 1901).
  • Evaluer les procédures d’acquisitions notamment pour les comités techniques des FRAC.
  • Réaffirmer la mission d’expertise des Conseillers arts plastiques présents dans chaque Direction des affaires culturelles (DRAC).
  • Trouver la bonne mesure entre le poids des Régions et celui de l’Etat, notamment dans les FRAC en vue d’assurer un équilibre entre l’impératif démocratique et la pertinence artistique.

Les métiers

Sphère d’activité relativement récente, le milieu de l’art contemporain éprouve le besoin que soit entreprise une vaste définition des missions professionnelles exercées dans ce champ pouvant conduire à une meilleur identification des divers métiers en présence.

  • Décloisonner les différents métiers qui gravitent autour de l’œuvre d’art.
  • Développer une politique de professionnalisation du secteur au moyen de programmes de formation continue mieux adaptés et en prenant en compte les nouvelles fonctions de médiation qui se sont fait jour dans la période récente.
  • Prendre en compte des besoins perçus parfois comme contradictoires et relatifs d’une part au statut des personnels et d’autre part à la nécessité, particulièrement dans les enseignements artistiques, de pouvoir recourir à des procédures de recrutement souples.

Le public

Les acteurs de l’art contemporain ont réaffirmé leur constante préoccupation vis-à -vis du public autour des problématiques suivantes :

  • Conserver le souci d’un élargissement toujours à améliorer des publics.
  • Nécessité de diversifier les démarches de diffusion des œuvres et soutenir les expériences développées dans des lieux innovantes (galeries d’écoles, ateliers d’artistes, etc).
  • Multiplier les formes pédagogiques permettant de nouvelles formes de rencontre avec l’œuvre.
  • Améliorer l’accès au livre d’art notamment en favorisant le partenariat public-privé.
  • Professionnaliser les fonctions d’accueil et de pédagogie et la formation des relais entre l’institution d’art contemporain et les autres institutions éducatives ou sociales.
  • Considérer l’éducation artistique comme un enjeux de société et travailler le rapport avec l’Education Nationale à partir de priorités clairement définies.
  • Permettre l’accès à l’art contemporain par la télévision, en profitant par exemple des opportunités offertes par le développement des bouquets numériques et en veillant à la gratuité du service pour les abonnées.

L’international

Le constat d’une relative désaffection de l’art contemporain sur la scène internationale semble être partagé par un grand nombre d’opérateurs de l’art contemporain. Cette situation traduit probablement l’absence d’une stratégie globale en la matière et le manque de synergie entre partenaires publics et privés face à cet enjeu.

  • Développer des stratégies et des modalités de coopération et de dialogue entre les structures françaises et étrangères d’art contemporain en s’appuyant notamment sur une dynamique de réseaux encore peu développée ou trop cloisonnée aujourd’hui.
  • Rendre plus identifiable la politique artistique de la France à l’étranger.
  • Préciser le rôle relais de l’AFAA (Association française d’action artistique), considéré comme prépondérant par les professionnelles, en déterminant des objetifs opérationnels.
  • Prendre la mesure du rôle des foires internationales d’art contemporain comme moyen de reconnaissance dans le contexte de la mondialisation.

Conclusion

Dans le contexte de la décentralisation, le rôle de l’Etat a été réaffirmé. Il lui revient de fixer les cadres de l’action, d‘en définir les moyens, d’établir les supports juridiques des équipements d’art contemporain et d’élaborer une doctrine des services conforme aux besoins en mutation de ce secteur. Il incombe également à l’Etat d’affirmer des orientations fortes et des priorités comme :

  • Le soutien à la création,
  • La détermination des règles du jeu en concentration avec les partenaires intéresses et la stigmatisation de leur non respect (FRAC Auvergne),
  • La transparence des décisions.

Les congressistes se sont aussi retrouvés sur l’idée que l’Etat doit, dans ce domaine particulier, veiller au respect des valeurs de la République. De ce point de vue, les collectivités territoriales ne doivent pas être laissées seules face au discours populiste tendant à élargir le fossé entre population et création. A cet égard, une ligne claire devrait être défendue. Elle consisterait par exemple à appuyer les élus les plus engagés dans le soutien à l’art contemporain, ou encore à affirmer la prééminence de l’expertise sur des décisions de compromis.

Programme du 30 octobre 1996

Congrès réservé aux professionnels
Séance d’ouverture du Congrès

 

Commission interne des organisations professionnelles participantes au congrès Organisations signataires :

  • Association Internationale des Critiques d’Art, section France AICA
  • Association Nationale des Conseillers aux Arts Plastiques ANCAP
  • Association Nationale des Directeurs d’Ecoles d’Art ANDEA
  • Conférence des Ecoles Nationale d’Art CENA
  • Association Nationale des Directeurs des F.R.A.C ANDF
  • CEA
  • International Contemporary Art Fair Association ICAFA
  • Comité Professionnel des Galeries d’Art CGA
  • Association Nationale des Directeurs de Centres d’Art DCA
  • Fédération Française des Association de Conservateurs-Restaurateurs – FFACR
  • Association des Bibliothécaires Français ABF
  • Comité International des musées d’Art Moderne CIMAM
  • Association des Régisseurs et Chargés des Mouvements d’œuvres d’Art
  • Association des anciens élèves de l’école du Magasin

 

Organisations participantes

  • Association Français d’Actions Artistiques AFAA
  • SNE
  • CNCP
  • MST Rennes
  • Fédération des Salons

Commission internes :

  • Association Français d’Actions Artistiques AFAA
  • Association Internationale des Critiques d’Art, section France AICA
  • Association Nationale des Conseillers aux Arts Plastiques ANCAP
  • Association Nationale des Directeurs d’Ecoles d’Art ANDEA
  • Coordination des Enseignants des Ecoles d’Art CEENA
  • Conférence des Ecoles Nationale d’Art CENA
  • Comité Professionnel des Galeries d’Art CGA
  • Association Nationale des Directeurs de Centres d’Art DCA
  • Fédération Française des Association de Conservateurs-Restaurateurs – FFACR
  • Fédération des Salons
  • International Contemporary Art Fair Association ICAFA
  • Association des Régisseurs et Chargés des Mouvements d’œuvres d’Art
  • Association des anciens élèves de l’école du Magasin

Commissions mixtes réservées aux organisations professionnelles mentionnées :
Collections : constitution et diffusion

ANCAP, ANDF, CIMAM

Maintenance et développement de la conservation préventive

ABF, ANDF, CIMAM, FFACR, Association des Régisseurs et Chargés des Mouvements d’œuvres d’Art

Achats publics

ANDF CGA, CIMAM, DCA

Galeries d’art et commissaires priseurs face au marché de l’art

CGA, Chambre Nationale des Commissaires Priseurs, ICAFA

Défense de la propriété intellectuelle

AICA, CGA, CNCP, Syndicat National de l’Edition

Edition et diffusion

AFAA, AICA, ANCAP, ANDEA, ANDF, CIMAM, DCA, SNE

Pédagogie et sensibilisation du public

ANDEA, ANDF, CEEA, CENA, CGA, CIMAM, DCA

Formation artistique et relations au milieu professionnel

ANCAP, ANDEA, ANDF, CEEA, CENA, CGA, DCA

Le rôle des foires internationales d’art contemporain

AFAA, CGA, IFACA

L’art français sur la scène internationale

AFAA, AICA, ANCAP, ANDF, CGA, CIMAM, DCA

Formations professionnelles, spécificités et perspectives

Association des anciens élèves de l’école du Magasin, Association « Musée d’Application » de MST Rennes

Commission d’étude : Art contemporain et télévision

Canal +, France 2, France 3, DCA, CIMAM, ANDEA, artistes

Réunion interne
Élus et administratifs de la culture Débat :
L’initiation à l’art contemporain, est-elle une mission de service public ?

Organisé par la Fédération nationale des collectivités territoriales pour la culture (FNCC)

Séance plénière :

Réunissant l’ensemble des Présidents d’organisations signataires du congrès et accessible à tous les congressistes inscrits.

Dîner du congrès Programme du 31 octobre 1996 Congrès ouvert au public

Introduction du Colloque par Olivier Kaeppelin (Inspecteur général de la création artistique /Délégation aux Arts Plastiques)

L’art, risque et nécessité par Jean-Christophe Bailly (écrivain)

L’art, mauvais objet ou objet de censure par Frédéric Migayrou

Table-ronde n°1 : « L’art, création et recherche »

avec Pierre Joseph, Pascale Cassagnau, Christian Schlatter
Modérateur : Ramon Tio Bellido (AICA)

Table-ronde n°2 : « Où en est-on de la censure ? »

avec Noël Dolla, Agnès Tricoire, Jacques Henric (écrivain), Jean-François Théry (conseiller d’Etat), Frank Perrin
Modérateur : Alexandra Midal (ANDF)

Les tables rondes se déroulent en même temps

Déjeuner-buffet sur place

Table-ronde n°3 : « Aménager le territoire »

avec Ami Barak (directeur du FRAC Languedoc-Roussillon), Patrice Beghain (délégué général de la Femis) , Alain Chaneau
Modérateur : Olivier Kaeppelin (inspecteur général de la création artistique DAP)

Table-ronde n°4 : « Des réseaux pour l’Europe »

avec Jochen Gerz (artiste) , Jean Louis Maubant, Alfred Pacquement, Alain Reinaudo (AFAA)

Modérateur : Patrick Talbot (ANDEA)

 « L’art, une affaire publique » par Daniel Buren (artiste)

 « Des espaces de silences et des espaces de paroles » par Sarkis (artiste)

 « L’art dans les interstices, comportements et relations » par Nicolas Bourriaud (artiste)

 « L’institution artistique, soutien ou menace pour l’art contemporain ? » par Gérard Monnier (sociologue)

Conclusion du Colloque

Synthèse générale du congrès : René Rizzardo (Observatoire des pratiques culturelles de Grenoble)

Réponse et déclaration de Monsieur Philippe Douste-Blazy, Ministre de la Culture

Cérémonie de clôture

Œuvres vidéo d’artistes :

Pierre Bismuth, Eric Duyckaerts, Pierre Hughe, Pierre Joseph, Liliana Moro, Philippe Parreno

Performance : Noriko Sunayama

Revue : Permanent Food

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