Intervention de Catherine Tasca, Ministre de la Culture et de la Communication

J’ai répondu avec plaisir et intérêt à l’invitation des organisateurs de ce troisième congrès interprofessionnel de l’art contemporain. C’est, pour moi, en effet l’occasion de partager vos réflexions, de mesurer les attentes de vos professions, et d’évaluer avec vous la situation des arts plastiques et des artistes dans notre pays. Cette occasion est d’autant plus précieuse pour moi qu’elle est rare car, vous l’avez dit vous-même, vos professions sont en voie d’organisation plus collective et autant il est aisé d’aller à la découverte de la création dans les galeries, dans les musées à l’occasion de beaucoup d’événements, autant il est plus rare de pouvoir rencontrer les professionnels de la création plastique dans leur ensemble et d’avoir une synthèse de leurs préoccupations et de leurs attentes.

Je veux donc saluer les efforts de l’ensemble des acteurs de l’art contemporain, les responsables d’Ecoles d’art, de FRAC, de Centres d’art, des Galeries, les Associations d’artistes, qui, avec l’aide des collectivités locales, renouvellent ici à Nantes, cette précieuse occasion de dialogue et d’échanges. Je ne suis pas venue les mains dans les poches, j’ai préparé le propos que je souhaitais tenir devant vous, si bien que je ne répondrai pas à toutes les questions que vous avez évoquées dans la synthèse remarquable que je viens d’entendre ; mais rassurez-vous, j’ai bien entendu et j’y vois là comme vous l’avez dit vous-même en faisant ce résumé, une série de chantiers que nous devons et que nous pouvons ouvrir ensemble dans les semaines, les mois et années qui sont devant nous (rires et applaudissement). Je tirerai bénéfice en tout cas soyez-en certain de vos interrogations, de vos interpellations et de vos réflexions, mais je tiens à prendre dès aujourd’hui ma part à cette réflexion et j’évoquerai donc plusieurs sujets qui me préoccupent dans la fonction qui est la mienne, qui préoccupent aussi mes collaborateurs, mes services.

Je les énumère pour la clarté du propos :

  • le rôle de la création dans notre vision de la société
  • l’importance du réseau de diffusion,
  • la nécessaire présence de l’art dans les espaces publics,
  • le développement en région,
  • le soutien aux marchés
  • et l’éducation artistique.

Ça n’est pas un inventaire à la Prévert, je crois qu’il y a une réelle solidarité entre tous ces éléments de la chaîne. Mais tout d’abord le rôle de la création dans notre vision de la société : la politique culturelle, qui est conduite par le gouvernement de Lionel Jospin, contribue à redessiner les espaces urbains comme lieux de vie au centre desquels l’artiste a toute sa place avec son œuvre et dans sa relation à la cité. Si l’artiste a son vocabulaire, son expression, sa contestation, vous l’avez dit vous-même, il est également là pour nous rappeler que le repli sur soi obscurcit le regard porté sur la société alors que la diversité culturelle nous oblige à être plus audacieux, plus curieux, en un mot, plus ouverts et plus tolérants, et sur ce chemin les artistes, la création contemporaine nous ouvrent souvent la bonne voie. L’Art, sous toutes ses formes, est le ferment de la Société. La présence de l’artiste donne un sens à notre destin commun. Il nous appartient de protéger, avec toute la vigilance qui s’impose, les conditions de sa liberté.

Et c’est pourquoi, par exemple, je suis intervenue en faveur d’une grande artiste (Gloria Friedman) lorsque cette liberté était menacée, il y a juste un an, à Toulon. La censure est le confort des notables qui prétendent dicter le ” bon goût ” au public. J’ai donc noté que ce thème a été très présent dans vos débats et nous aurons à y travailler ensemble. Au-delà de sa liberté, la création contemporaine dans toute sa diversité doit être à l’abri des fluctuations du goût. De ce que l’on appelle le goût du moment. Dans les institutions, il ne faut pas installer la précarité des choix. C’est pourquoi je me suis fermement opposée à l’amendement au projet de loi-musée en cours d’examen au Parlement qui aurait permis d’aliéner dans les musées de France les œuvres acquises depuis moins de 30 ans et qui aurait fait peser une sorte de ” doute légal ” sur la valeur des œuvres contemporaines. Enfin, je ne partage pas les commentaires suscités par le rapport de Monsieur Quemin, rapport qui lui avait été commandé par le Ministère des Affaires Etrangères.

Je pense qu’il y a danger à confondre les valeurs artistiques profondes, durables et celles que fixe le marché, spontanément, et nécessairement sélectif, sans le recul historique nécessaire. Je pense donc qu’il n’y a pas lieu d’annoncer, une nouvelle fois, le déclin de l’art français sur la scène internationale. Notre fameuse ” exception française ” ne devrait pas conduire à avoir si peu de foi en nos artistes. Je perçois, au contraire (je me déplace beaucoup dans l’hexagone et aussi hors de nos frontières), une réelle vitalité de notre scène de l’art et j’observe que depuis deux ans nos artistes redeviennent plus présents sur la scène internationale. On pourrait évidemment citer l’exemple de la réussite du pavillon français autour de l’œuvre de Pierre Huygue à la biennale de Venise mais ce n’est pas un événement exceptionnel, il y a dans bien des lieux une vraie présence, je devrais évidemment dire, performance des artistes français dans des lieux très divers.

Donc je ne partage pas ce pessimisme, je crois qu’il y a véritablement une création française qui doit se confronter à la scène internationale, qui n’est pas forcément au premier rang en toutes circonstances mais qui existe très fortement. Dans un contexte qui, comme l’ont indiqué les organisateurs de votre congrès, nécessite une mobilisation de tous, une vigilance, l’action que je m’attache à mener consiste précisément à mieux diffuser la création vivante et à développer les moyens d’en assurer une ” pédagogie ” globale. Je devrais mettre d’ailleurs des guillemets sans doute au mot pédagogie car je sais les réactions qu’il éveille parfois, mais je pense quand même que c’est un mot juste si on le prend dans son acceptation extrêmement large et généreuse.

Notre premier atout est un réseau très fort, très conséquent pour cette diffusion. La grande diversité des institutions qui concourent à la diffusion de l’art contemporain constitue l’une des caractéristiques, l’un des acquis très fort du modèle original que nous avons contribué à construire depuis bientôt vingt ans : 23 FRAC, 34 Centres d’art bénéficiant d’un label national, 56 écoles d’art, sans compter tous les lieux qui, des musées aux galeries d’exposition, participent aussi à la diffusion de la création. Le retard en matière de collections publiques a été largement comblé en une génération, grâce à l’action conjuguée du FNAC, des FRAC et des musées. Nous devons, je crois, simplement veiller à ce que, ensemble tous les maillons de ce réseau donnent à voir un visage réellement divers de la création et non bien sûr un art ” officiel ” comme vous l’avez qualifié tout à l’heure. Nous devons valoriser dans l’opinion les actions de ce réseau.

Pour rendre cette action plus visible, j’ai souhaité, afin de marquer le vingtième anniversaire de la mise en place des FRAC, que soit proposé un vaste bilan de la création depuis vingt ans, du moins de celle qu’ils ont choisi de distinguer à travers la constitution de leurs collections. Et ce bilan, que dressera en 2003 une grande exposition à Paris, sera accompagné d’une publication et d’un colloque sur la création contemporaine en partenariat avec l’ensemble des institutions en région. Je soutiens résolument l’effort que développent les FRAC afin de se doter des équipements adaptés à l’ensemble de leurs missions.

Le premier des ” FRAC de deuxième génération ” s’est ouvert dans cette région des Pays de la Loire, il y a un an à Carquefou et il dispose d’équipements modernes - salles d’expositions, réserves, ateliers techniques, espaces dédiés à l’accueil du public et à la pédagogie. Cette famille est appelée à s’agrandir bientôt à Angoulême, Metz, Orléans, Amiens, Clermont-Ferrand. Dans le même esprit, j’ai demandé que le FNAC propose désormais tous les ans dans un musée en région, une importante sélection parmi les 650 acquisitions effectuées dans l’année. La publication de ces mêmes acquisitions sera, par ailleurs, accessible sur Internet. C’est le Musée de Grenoble qui inaugurera ce cycle en février 2002, suivi des musées de Nantes, de Saint-Etienne, de Villeneuve d’Asq. Troisième sujet, pour moi, important, la présence de l’art dans l’espace public, c’est-à -dire hors des lieux qui lui sont naturellement réservés. Cette présence contribue également à enrichir notre patrimoine et surtout à enrichir sa relation avec nos concitoyens en élargissant l’audience de l’art contemporain. Elle rapproche aussi, et c’est très important, architectes et artistes dans une même proposition pour la cité. Il y a là deux familles de créateurs qui ont besoin, qui ont envie, je crois, de travailler ensemble ; nous devons donc les aider à le faire.

L’espace public, l’aménagement de l’espace public autour de la création est, je crois, un lieu privilégié de ce dialogue. Je suis sur le point de conclure une réforme de la réglementation du ” 1 % artistique “, ce dispositif qui permet de consacrer 1 % du coût des constructions publiques à la réalisation d’œuvres d’art. Les textes actuels sont disparates et ne permettent pas d’afficher une politique commune à tous les ministères pour la diffusion de l’art contemporain et l’aide à la création reste de ce fait un peu trop souvent tributaire de la bonne volonté des maîtres d’ouvrages.
Le 1 % artistique, initié en 1936 pour les Etablissements d’enseignement et l’accès des jeunes à l’art contemporain, trouve depuis plus de 20 ans, sa pleine mesure et favorise, je crois vraiment, l’accès de tous à l’art contemporain en développant considérablement les possibilités d’intervention des artistes, et rejoint aussi une autre de nos préoccupations : quel travail dans la société d’aujourd’hui pour les artistes ? Quel espace de création ?. Dans ce réseau de diffusion de l’art contemporain, les Centres d’art - du plus important au plus petit d’entre eux - irriguent notre territoire et jouent un rôle important en contribuant à la production d’œuvres, mais aussi d’expositions, de publications, de réflexions et de débats.

J’ai justement entendu l’attention que vous portez à ce que vous avez appelé l’interdisciplinarité, voire l’indisciplinarité. Cette notion de production se trouve aujourd’hui au centre des enjeux artistiques, elle transforme le rôle des institutions, modifie le métier des galeries et impose à l’Etat de faire évoluer sa propre vision et sa propre action. Le Gouvernement, vous le savez, a fait un choix, il était fait avant que je sois en charge de ce ministère, un choix qui me semble à la fois audacieux et tout à fait judicieux en consacrant une partie du Palais de Tokyo à la création contemporaine pour renforcer la crédibilité de notre pays et de sa capitale, dans le débat international sur l’art contemporain et aussi pour sortir des limites des événements ponctuels qui se succèdent et d’accompagner durablement des artistes dans leur “aventure”.

C’est le projet de la première équipe qui investit ses lieux avec Nicolas Bourriaud, Jérôme Sans et Ange Leccia. Ils ont d’ailleurs composé la première, on va dire promotion, de jeunes artistes qui vivront là pendant un an, je leur souhaite une pleine réussite. Dans le même temps, le Centre d’art du Plateau, aux Buttes Chaumont, renforcera les structures mises à la disposition des artistes et du public. Cet engagement au service de la création contemporaine trouve également de multiples traductions à travers les projets souvent forts ambitieux qui sont mis en œuvre dans les régions.
Ces projets ambitieux en région sont importants et nombreux, je rappelle le pôle d’excellence à Dijon qui regroupera sur un même site le Consortium, le FRAC et l’Ecole des Beaux-arts, le nouveau bâtiment de l’Espace de l’art concret à Mouans-Sartoux, qui accueillera dans un peu plus d’un an les 350 pièces des donations Albers-Honegger et Aurélie Nemours, les travaux de rénovation du Magasin de Grenoble, le projet de développement de l’Institut d’art contemporain de Villeurbanne, la Villa Arson à Nice, et tant d’autres initiatives.

Cinquième sujet que je voulais évoquer devant vous c’est la contribution des politiques publiques au marché. A côté des institutions publiques, je ne sous-estime absolument pas le rôle du marché de l’art et de ses professionnels, dans la promotion et la diffusion des artistes vivants. Et c’est pour cette raison que l’Etat encourage les galeries à être davantage présentes dans les salons, foires internationales. L’aide financière qui concernait jusqu’ici les foires de Bâle et de Chicago a été étendue cette année à celles de Cologne et de New-York. Il est important, à mes yeux, que la reconnaissance des artistes à long terme ne se fonde pas sur leur seule présence dans les collections publiques, mais s’appuie vraiment sur un marché - intérieur et international - vigoureux. La fiscalité peut ici jouer un rôle important.

De ce point de vue, le dispositif envisagé, dans le cadre du projet de loi-musée, pour encourager les entreprises à concourir à la protection des trésors nationaux, montre que la politique fiscale n’est plus dans ce domaine un sujet tabou. Sur ce plan notre gouvernement va dans les toutes prochaines semaines faire accomplir un progrès considérable à ce rapport entre la politique fiscale et notre politique d’acquisitions en plein accord, je tiens à le dire ici entre le ministre de l’Economie et des Finances, Laurent Fabius et moi-même en charge de la culture, et avec l’appui total du Premier ministre. Enfin, nous sommes dans pays où il y a des tabous et l’aménagement de la fiscalité au profit du secteur privé, au profit, entre guillemets, des riches, des entreprises, suscite parfois des réactions de défiance, des réactions parfois un peu primaires.

La question d’un appui au marché de l’art par l’aménagement fiscal est une très vieille question en débat dans notre pays, et nous allons être ceux qui la sortent de cette situation un peu taboue et qui, je crois, feront réellement progresser la contribution privée, la contribution des entreprises au marché de l’art. Il nous appartient de réfléchir ensemble à l’effet de levier que constitue toute incitation fiscale nouvelle à destination tant des collectionneurs particuliers que des entreprises qui se montrent attachés à la création contemporaine. A cette occasion, je veux dire mon sentiment en ce qui concerne la contribution des collectionneurs parce que là aussi il y a un monde que vous, du métier, vous connaissez bien évidemment, mais qui est peu connue dans l’opinion publique parce que souvent éloigné des médias ; je veux saluer cet engagement personnel d’un certain nombre de vrais amateurs d’art de consacrer leurs richesses au soutien de l’art en s’engageant personnellement avec des partis pris. Ce ne sont pas des acheteurs qui stoppent des valeurs anonymes, ce sont des gens qui tissent des vraies relations avec des artistes et qui les soutiennent souvent toute une vie durant. Et ce que je constate aussi c’est que de plus en plus les collectionneurs ont une relation personnelle avec nos institutions, là où ils vivent, avec l’école d’art de leur ville, avec le musée d’art contemporain, avec le FRAC.

Il y a là des croisements, des enrichissements culturels réciproques qui me semblent tout à fait importants et que je voulais saluer parce que la relation à l’art ne peut pas seulement passer par les pouvoirs publics. Je crois qu’il y a nécessité aussi à prendre appui sur ce d’aucun appelle la société civile ou en tout cas l’ensemble des forces vives d’un pays, et lorsque les entreprises de ce pays, lorsque les collectionneurs de ce pays, misent sur l’art vivant, sur l’art contemporain, ça veut dire que quelque chose en profondeur reconnaît l’importance des artistes et de leurs œuvres dans notre société.

J’arrive au sixième et dernier point. Une création vivante dans notre pays, un réseau public fort de diffusion que l’on nous envie, ne suffisent pas à définir l’ambition de notre politique. Le gouvernement, vous le savez, s’engage résolument dans le développement de l’éducation artistique, qui est la clé de l’égal accès à la culture, qui pour moi est également la clé de l’égalité des chances. Dans votre secteur, cela se traduit de deux manières. Tout d’abord, le domaine de l’enseignement des arts plastiques qui a vu s’ouvrir, ces derniers mois, de réelles perspectives de réforme et de revalorisation. J’imagine combien dans ce domaine, vous avez sans doute les uns et les autres des réserves, des attentes ; je veux simplement dire maintenant que c’est un sujet qui me préoccupe comme me préoccupent d’ailleurs toutes les formations supérieures aux métiers de l’art dans notre pays.

Nous aurons donc dans d’autres enceintes l’occasion de travailler ensemble sur ce domaine des enseignements des arts plastiques. La reconnaissance, enfin obtenue, du caractère d’enseignement supérieur des formations délivrées dans les écoles d’art nous permet de tracer la voie vers la modernisation de ce système d’enseignement artistique. La prochaine mise en œuvre d’un nouveau statut des professeurs des écoles nationales d’art en constituera la deuxième étape. La mise au point d’un nouveau statut juridique pour les écoles nationales, leur donnant les garanties d’autonomie et de fonctionnement collégial, viendra très rapidement parachever cet ensemble. Par ailleurs, aux côtés de cette formation, le deuxième aspect de notre action, c’est le plan à cinq ans pour le développement de l’éducation artistique à l’école mis en œuvre en plein accord avec Jack Lang, le ministre de l’Education Nationale.

Ce plan permet d’envisager un réel essor de la présence de l’initiation artistique dans le temps scolaire : je crois profondément qu’ouvrir le regard de nos jeunes concitoyens, “frotter”, au sens de Montaigne, leur curiosité à la diversité culturelle telle que l’expriment les artistes et leurs œuvres est là aussi le socle absolument indispensable de la richesse et de la liberté de la création dans notre pays. Dans ce plan à cinq ans, il incombe à mon ministère de renforcer, d’abord dans les institutions qui relèvent de sa responsabilité, le service des publics et de développer la formation des intervenants artistiques, artistes, des médiateurs aussi et des enseignants, et de favoriser la collaboration des institutions culturelles avec le réseau de l’Education nationale.

Je peux dire que cette collaboration qui, il n’y a pas si longtemps était vécue comme terra incognita - chaque famille, artistique et éducative restant chacune sur son quant à soi, sur ses priorités -, aujourd’hui ces deux familles travaillent véritablement ensemble dans un nombre croissant d’établissements, et je pense que c’est là un axe très fort de la politique des années à venir.
Vous le voyez, à travers l’ensemble de ces actions, je veux rendre possible une pédagogie globale de la création vivante, qui s’articule autour des artistes, autour des collections, autour de la production et de l’enseignement. Le projet de loi de finances pour 2002 permet aux crédits de mon Ministère d’atteindre, sans artifice ni tricherie, la barre du 1 % du budget de l’Etat. La politique des arts plastiques mobilise dans le budget de la culture pour 2002 - qui augmente globalement de 2 % - 671 MF, c’est-à -dire également une progression de 2 %, par rapport à l’exercice précédent et permettra de consolider l’an prochain le réseau que vous constituez. Rassurez-vous, je ne considère pas que ce soit là le bout du chemin et je pense qu’il y a aussi sur ce plan à continuer d’avancer. Je veux, pour terminer, vous dire que je me réjouis beaucoup, très sincèrement, de constater que votre profession travaille à s’unifier, à s’organiser.

Le fait que les associations nationales regroupant les directeurs d’écoles, de FRAC, de Centres d’art se réunissent en une fédération est, à mes yeux, un signe très positif, comme l’est la capacité qu’ont montrée les professionnels à travailler en amont avec les associations d’artistes pour préparer ce congrès. L’ensemble de votre profession y gagnera un outil d’expression et d’action et le Ministère de la Culture aura ainsi un partenaire qu’il pourra consulter sur les projets, quels qu’ils soient, concernant le milieu professionnel. J’ai bien entendu vos préoccupations et le travail que vous avez engagé en particulier sur le statut de l’artiste et très globalement la place de l’artiste dans le contexte économique et social et culturel de notre société. Il y a là des chantiers que vous ouvrez, que vous abondez et sur lesquels, nous sommes - mon administration en particulier avec la Délégation aux Arts Plastiques – avides de travailler, avec vos réflexions et les contributions de ce colloque.
Je partage aussi votre souci de voir se pérenniser, au-delà du congrès, les échanges et les travaux en commun qui ont marqué sa préparation. La forme que vous envisagez, d’un observatoire permanent de l’art contemporain, me semble une bonne réponse et vous pourrez compter sur les services du ministère, en particulièrement de la DAP pour vous aider à mener à bien ce projet.
J’achève. Le soutien à la création artistique fut l’un des axes fondateurs du Ministère de la culture et demeure au cœur de sa légitimité. Force est de constater qu’il l’est inégalement suivant les périodes. J’espère avoir montré qu’en tout cas, c’est pour notre gouvernement et pour moi personnellement, une priorité absolue.

Les perspectives que j’ai tracées doivent aussi vous montrer que je suis persuadée de la nécessité du rôle de l’Etat dans le soutien à la création artistique. Le rôle de l’artiste en effet dans la société commande, pour l’action publique, un respect, une attention constante à tout ce qui traverse ce monde de la création, le souci de préférer les actions de long terme aux effets d’annonce. Il commande aussi à mes yeux, une réelle ouverture, j’oserais même dire un certain “éclectisme”, c’est-à -dire une vraie liberté par rapport aux modes et aux sectarismes, afin de respecter le présent et l’avenir. C’est le rôle spécifique du service public dans un monde qui fort heureusement ne se limite pas aux frontières du service public mais qui a besoin de celui-ci pour exister.
C’est en tout cas ainsi que je conçois ma responsabilité, à l’écoute de vos propres attentes, et sachez que je travaillerai à partir de ce que vous allez conclure de l’ensemble des travaux de ces deux journées.
Merci de votre attention.

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