Depuis une quinzaine d’année, le nombre de commissaires d’exposition en France s’est largement accru. Les formations curatoriales se sont multipliées (DESS, écoles…). Les commissaires d’exposition sont maintenant invités à travailler de manière permanente ou ponctuelle avec des institutions publiques (musées, centres d’art, FRAC…), des lieux privés (galeries, fondations, entreprises), ou pour des collectivités (biennales, festivals, évènements ponctuels…). Alors même que la profession tend à se développer et à devenir une profession-clef dans le champ de l’art contemporain – tant national qu’international – le commissaire d’exposition n’a pas de reconnaissance sociale, fiscale ni juridique.
Certaines difficultés concrètes sont liées à son statut et à ses conditions de rémunération :
Cette rémunération n’est pas systématique, elle est souvent insatisfaisante et s’effectue dans des cadres inadaptés :
- Maison des artistes (notes d’honoraires pour conception scénographique) > officiellement réservée aux artistes, directeurs artistiques et graphistes
- Intermittence (cachets) > officiellement réservée au secteur de l’audiovisuel et du spectacle vivant
- Urssaf (notes d’honoraires pour conception d’exposition en tant que travailleur indépendant > charges sociales trop élevées pour une activité peu rémunératrice)
- Salariat (CDD ou vacation) > coût élevé pour les employeurs
- Agessa (contrats de droits d’auteur) > officiellement la conception d’exposition n’est pas reconnue comme un travail d’auteur
Face à ce vide juridique, l’association « Les Commissaires d’exposition associés », s’est fixé comme priorité de représenter l’ensemble des professionnels, en tentant d’établir un statut pour le commissaire d’exposition indépendant et en assurant la promotion de la profession auprès des institutions publiques et des partenaires sociaux.
Les autres missions de l’association consisteront à :
- Définir le champ d’activité et les traits communs d’une pratique polymorphe :
- Pour commencer, une étude sociologique sera initiée à l’échelle du territoire français afin de mieux circonscrire cette pratique et de cerner ses différents besoins.
- Promouvoir la mise en place d’aides financières et/ou logistiques spécifiques : résidences, bourses de recherche, aide à la production…
- Pour ce faire, des échanges et partenariats seront développés avec les institutions et les collectivités territoriales en charge de la culture.
Développer des outils spécifiques à cette profession :
- Mettre en place une grille de rémunération de référence, réfléchir aux moyens d’une protection juridique…
- Constituer un réseau de professionnels, favoriser le dialogue et la mise en commun des expériences et des compétences.
- Mettre en place un centre de ressources et développer les échanges internationaux notamment par le biais d’IKT (Association internationale des commissaires d’art contemporain).
La création de l’association « Les Commissaires d’exposition associés » vise ainsi à valoriser l’activité du commissaire d’exposition vis-à -vis de ses interlocuteurs mais, également, au sein même de l’association, en favorisant l’échange et le dialogue.
A l’occasion du CIPAC, l’association annoncera publiquement sa création. Une table ronde sera organisée autour de la pratique du commissaire d’exposition, de la définition de son statut, de sa reconnaissance par les institutions publiques et les partenaires sociaux. Plusieurs personnalités (commissaires d’expositions de différentes générations, sociologue, économiste) seront invitées à partager leurs réflexions : Quelles seraient les conditions d’une étude sociologique significative sur les commissaires d’exposition en France ? Quelles sont les spécificités à prendre en compte dans l’établissement d’un régime de sécurité sociale ? Quel sont les statuts des commissaires d’exposition dans d’autres pays ?