Depuis sa création en 2000, l’association Un moment voulu* a développé, un réseau de professionnels visant à partager leurs expériences et leurs réflexions concernant l’accès des publics aux lieux de production et de diffusion de l’art contemporain. Plusieurs formes d’actions ont été menées :
- Des journées annuelles permettant d’aborder différentes questions en collaboration avec des chercheurs, professionnels, artistes…
- Ainsi l’éducation, le rôle du médiateur, l’approche de l’œuvre à travers la pratique, la place des nouvelles technologies dans la médiation, ont fait l’objet de divers séminaires auxquels ont assisté près de quatre cents personnes.
- La constitution d’un réseau de professionnels mutualisant leurs informations (offres d’emplois, formation initiale et continue, colloques, séminaires et conférences, publications) mais échangeant également leurs pratiques et leurs expériences. La création d’un espace collaboratif en ligne (forum et blog) en 2007 vise à améliorer les conditions d’échange de ce réseau national de professionnels.
- L’association s’est fortement impliquée, en tant que membre du bureau, dans différents chantiers menés par le CIPAC : l’enquête sur les emplois jeunes, le programme de formation lié à la médiation, la préparation de deux tables rondes pour le congrès 2007.
L’association Un moment voulu a souhaité cette année partager ses réflexions au delà des professionnels adhérents, à travers une publication permettant de formuler un certain nombre des enjeux de cette profession aujourd’hui. C’est l’objet du numéro de Semaine qui est disponible durant le congrès. Il s’agit de réfléchir à la spécificité de l’art contemporain dans ce qu’il engage pour les visiteurs et pour les personnes qui les accompagnent.
Association professionnelle, Un moment voulu a pour objectif d’établir et de développer des liens réguliers et durables entre les personnels en charge des relations avec les publics, afin de mettre en place une réflexion sur les enjeux et les méthodologies de leur travail. La première préoccupation concerne les postes eux-mêmes, le fait que les structures puissent consacrer un poste entier voire plusieurs aux relations avec les publics. Moyens alloués, profils de poste, missions, sont des questions que nous partageons avec les directions. L’association est également soucieuse de voir se développer l’accès à la formation continue.
Elle vise aussi une meilleure reconnaissance des compétences et des savoir-faire, à travers les statuts et la progression professionnelle. Car ces personnels ont un véritable rôle, celui de participer à la construction d’un regard autonome à travers la mise en place d’actions respectueuses des artistes et des œuvres, et de la diversité sociale et culturelle des personnes auxquelles elles s’adressent.
A travers son engagement, l’association a choisi de partager les réflexions de l’ensemble des professionnels de l’art contemporain et de poser plus largement la question des moyens de l’accessibilité de l’art au plus grand nombre. Or il existe aujourd’hui une grande diversité des projets artistiques et des contextes qui peut parfois entraîner une véritable confusion dans l’évaluation qui est faite des pratiques culturelles. Les seuls chiffres, s’ils ne sont pas ajustés aux différentes réalités des actions, deviennent totalement vides de sens. Comment comparer ceux obtenus par une équipe de plusieurs personnes dans un lieu situé en zone urbaine avec ceux atteints par une seule personne mettant en place des actions sur un territoire régional ?
La culture du résultat, qui est aujourd’hui la norme d’évaluation des projets quels qu’ils soient, mériterait d’être sérieusement nuancée par la prise en compte de la singularité des projets artistiques, des territoires et des actions menées.
C’est pourquoi nous souhaitons que s’engage un véritable débat pour partager les différentes missions en direction des publics des lieux de production et de diffusion de l’art contemporain. Il s’agit pour nous de défendre une relation singulière au langage de l’art, nourrie de la particularité des pratiques artistiques mais aussi de celle des programmations et des territoires et enfin de celle des personnes qui viennent à la rencontre des œuvres et des artistes.
* Un moment voulu, titre d’une œuvre de l’artiste de Sylvia Bossu (1995). Titre dérivé de celui du roman de Maurice Blanchot Au moment voulu. Ce nom met en avant l’idée d’un échange désiré, concerté, une implication du spectateur face à l’œuvre.
L’association Un moment voulu reçoit, depuis sa création, le soutien du ministère de la Culture et de la Communication.
Communication parue dans le Livre Blanc du 5ème Congrès du Cipac à Lyon intitulé ‘L’art doit-il faire événement ?’ en novembre 2007