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Association nationale des directeurs de Frac

Fondés dans le cadre du mouvement de décentralisation culturelle des années 80, les Fonds régionaux d’art contemporain (Frac) fonctionnent principalement selon un partenariat établi entre l’Etat et les Conseils régionaux. Les directeurs de ces institutions, réunis en association depuis 1986 (ANDF), s’efforcent de mutualiser leurs compétences, d’instaurer des collaborations interrégionales et internationales, d’inventer de nouvelles manières de faire connaître l’art contemporain aux publics et de soutenir les artistes qui leur semblent les plus novateurs ou dont les oeuvres entrent en résonance avec le monde actuel dans ses différents aspects.

Les Frac sont des collections qui ont pour horizon une scène artistique considérée dans sa dimension internationale : tous les ans, des artistes de toutes nationalités viennent enrichir de leurs œuvres des fonds remarquables par leur qualité et leur diversité. En 2007, près de 18000 œuvres sont ainsi conservées par l’ensemble des Fracs, permettant la représentation de presque 6000 artistes. Mettant ainsi en contact les artistes français et étrangers, les Frac participent à la vitalité des échanges d’idées et à la confrontation entre les divers manières de faire de l’art en ce début de millénaire, y compris lorsqu’il s’agit de mettre en doute, pour certains, la logique apparemment incontournable de l’objet d’art (comme valeur marchande ou patrimoniale, par exemple) à l’ère des techniques de création et de communication les plus immatérielles.

Les acquisitions d’œuvres sont donc liées aussi à des expositions  : celles-ci sont réalisées non seulement dans les frontières régionales, où elles permettent aux publics régionaux d’avoir accès aux recherches les plus actuelles, mais aussi au niveau international, où les collections des Frac sont appréciées dans des musées prestigieux où elles témoignent et affirment l’engagement traditionnellement universaliste de la France, dans un domaine encore trop souvent soumis aux considérations nationalistes. Les artistes français peuvent ainsi faire connaître leur travail au-delà des frontières nationales, confronter leurs pratiques avec des contextes géographiques et historiques qui les vivifient en retour, notamment lorsque leurs sont offertes des occasions de productions qui viendront, en cas de réussite, enrichir les collections.

Depuis 2003 une quinzaine d’expositions des collections de Frac ont permis de Turin, à Düsseldorf/ Cologne, en passant par Vigo/Victoria et Jérusalem et bientôt Zagreb et Chicago de montrer l’extraordinaire diversité et qualité des pièces collectionnées par les Frac.

Dans les régions elles-mêmes, de multiples projets sont réalisés autant dans les grandes villes que dans les petites communes, dans les centres d’art de différente importance, dans les établissements scolaires ou d’autres structures fidélisées. Ces expositions ne sont pas moins importantes que celles qui ont lieu dans d’autre pays, car elles répondent à l’autre mission fondatrice des Frac : créer de futurs amateurs avertis susceptibles de s’engager à leur tour dans les débats de la création vivante. Elles aussi donnent lieu à des invitations inédites, souvent d’artistes étrangers, qui à leur tour peuvent produire des œuvres nouvelles et voir leur travail circuler largement.

La formation des publics est enfin une part essentielle de l’activité des Frac et les directeurs sont eux-mêmes impliqués, avec leurs équipes des services pédagogiques, dans l’exercice de transmission des problématiques qui animent les artistes contemporains. La rédaction de catalogues (des collections ou monographiques, sur papier ou Internet), de notices sur les œuvres et de textes critiques, les conceptions des expositions dont ils sont les commissaires, les rencontres autour des œuvres ou les conférences thématiques font partie des missions supplémentaires des directeurs, sans compter leur responsabilité sur les programmations, l’animation des comités techniques d’achat et le dialogue qu’ils entretiennent avec les responsables politiques, notamment lors des conseils d’administration. 

L’ANDF permet ainsi aux directeurs et directrices des 20 Frac de confronter leurs points de vue sur ces trois grands aspects des institutions dont ils ont la charge. Loin d’être consensuel, le débat entre leurs différentes manières de voir le champ de l’art, autant du point de vue esthétique qu’institutionnel, est permanent. Car il s’agit, même après un quart de siècle d’existence, d’ouvrir toujours davantage de portes aux artistes et aux publics, pour les faire se rencontrer, pour que l’art soit le lieu d’un enrichissement des individus, amateurs au sens plein de la complexité contre le simplisme, de la polysémie contre l’univocité, de l’aventure intellectuelle contre le conformisme. 

Enfin, l’ANDF a souhaité, depuis quelques années, établir un espace de travail regroupant les institutions elles-mêmes et non plus seulement leur personne. Née en 2006, l’association « PLATFORM » implique désormais dans la réflexion sur l’activité commune des Frac, les Présidents eux-mêmes. Cette nouvelle entité, mieux dotée en personnel permanent et en moyens logistiques, permettra d’intensifier la politique de diffusion internationale, de muscler la représentation des artistes français et de défendre les points de vue les plus atypiques dans le cadre revendiqué d’un service public performant.
 

La création de « PLATFORM » révèle la croissance lente mais inéluctable des institutions elles-mêmes : après l’installation du Frac des Pays de la Loire dans des locaux neufs en 2000, celle du Frac Lorraine dans un hôtel du 13ième siècle au centre de Metz en 2005, de nombreux Frac sont en voie de devenir, dans les Régions, des outils nouveaux, plus grands, plus performants, mieux équipés pour l’accomplissement de leurs nombreuses missions. Les Frac Bretagne et Centre en 2009, le Frac Franche-Comté en 2010 et le Frac Provence-Alpes-Côte d’Azur en 2011 (et d’autres projets naissent dans d’autres régions…) auront des bâtiments et des équipes plus étoffées pour conforter les objectifs que ces associations militantes ont su atteindre avec succès, et parfois dans l’incompréhension voire l’hostilité des conservatismes, dans les régions françaises et dans l’espace de l’art européen, et même au-delà .

Il importe de poursuivre ce mouvement, dans le respect du travail accompli, sans brader ce qui a été acquis et en cherchant à associer des partenaires nouveaux (nouvelles collectivités territoriales ? secteur privé ?) dans les projets de ces structures désormais incontournables.