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La formation des fonctionnaires territoriaux : le Centre National de la Fonction Publique Territoriale
Lydie Grondin, Directrice de Cultures et Collectivités Locales, ancienne responsable de la filière culturelle en terme d’emploi et de carrière au Centre National de la Fonction Publique Territoriale - CNFPT
Le Centre National de la Fonction Publique Territoriale (CNFPT) est un établissement public, qui a deux missions principales : une mission relative à l’emploi et aux concours et une mission de formation, exclusivement auprès des agents des collectivités territoriales. Ces missions de formation, inscrites dans la loi, sont des missions de formation initiale pour des personnes qui vont devenir fonctionnaires, qui ont donc passé un concours ; des missions d’adaptation à l’emploi en cours de carrière ; des missions de formation continue ; et également des missions de formation personnelle.
Avant d’établir ces formations, le CNFPT doit tenir compte des demandes des collectivités territoriales qui élaborent un plan de formation. Le CNFPT collecte l’intégralité des plans de formations des collectivités, il n’initie donc pas les formations, il est contraint de proposer des formations à partir de la restitution de ces plans. Il semble que les équipements culturels (patrimoine, bibliothèques, lieux d’enseignement artistique) sont peu sollicités par les collectivités ou bien ils ne répondent pas aux questionnaires envoyés par les directions des ressources humaines et ne les informent pas de leurs besoins en formation. En conséquence le catalogue des formations de la fonction publique territoriale propose peu de formations dans le secteur culturel et artistique, d’autant plus que le CNFPT doit de couvrir les besoins des bassins d’emplois les plus importants en terme de personnels (emplois des filières administrative, technique, sociale…). La filière culturelle, au sens large, représente 1,4% de la masse salariale, elle ne peut donc apparaître comme une priorité. C’est une limite objective du CNFPT.
En revanche, il faut pointer la volonté du CNFPT d’anticiper les besoins en formation dans le domaine culturel. Il utilise les études disponibles de la CNRACL (Caisse Nationale de Retraite des Collectivités Locales), de l’INSEE (Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques), du Département des études et prospective du Ministère de la culture. Or, ici apparaît un premier problème : ces études ne sont pas suffisamment précises. On parvient à obtenir le grade, la spécialité, mais jamais la spécialisation disciplinaire. Il y a une absence totale d’identification des métiers occupés par les personnels. En effet, si les fonctions liées au patrimoine, notion qui recouvre indistinctement le patrimoine rural, les musées, toutes tendances historiques et stylistiques comprises, ne constituent pas des inconnues pour le CNFPT, en revanche, il n’existe à ce jour aucun outil pour sélectionner, identifier, désigner les fonctions spécifiques liées à l’art contemporain. Par ailleurs, et notamment dans les écoles d’art et certains établissements dédiés à l’art contemporain, les non titulaires sont nombreux mais pour autant n’ont pas fait l’objet d’études précises intégrant les domaines couverts. Toutefois, rappelons que les textes réglementaires n’excluent pas les agents non titulaires du droit à la formation. C’est donc sur la base de ces études imprécises que le CNFPT bâtit ses formations. Où loger l’art contemporain ? Comment repérer les besoins puisque tant la culture, l’art contemporain que les non-titulaires ne font pas partie des priorités, sachant également aussi que le secteur culturel fusionne espace public et espace privé ? Le CNFPT a-t-il envie d’initier des actions sur ces publics ? Quel pouvoir d’ingérence détient-il pour faire évoluer les textes ?
Les choix institutionnels ont été plutôt frileux, ils se sont limités à des formations de base, déclinées de manière plus ou moins identique sur le territoire national. Le Ministère de la culture n’a pas, globalement, d’influence statutaire ; sa seule influence réside dans sa capacité à signer des décrets qui fixent les conditions de recrutement et les statuts. Mais toutes les chartes éditées par le ministère de la culture, notamment celle décrivant les missions des institutions d’art contemporain n’ont aucun caractère réglementaire, de sorte qu’un élu peut les ignorer et que le CNFPT n’est pas censé en tenir compte.
Par ailleurs, il y a un décalage entre l’information recueillie par la Direction des Musées de France sur les emplois (notamment en ce qui concerne le collationnement des postes offerts aux concours) et la réalité de ceux-ci. Nous sommes encore à la préhistoire de l’identification des métiers, sans parler des nouveaux métiers comme celui de curator.